dimanche 30 août 2009

Metallica ~ Ride The Lightning

« Combattre le feu par le feu. » Après avoir remporté de peu la consécration du mouvement du thrash métal avec leur premier album devant le premier album d'Anthrax (Fistful Of Metal sorti en janvier 1984) et plus tôt, celui de Slayer (Show No Mercy fin 83), Metallica triomphe au sommet du thrash et rencontre un large succès en Amérique puis sur le vieux continent. Loin de se reposer sur ses lauriers, le groupe contacte le producteur danois Flemming Rasmussen et bat le fer tant qu'il est encore chaud. C'est après presque un an d'attente chez les fans et d'enregistrement que l'album sort enfin. La première chose qui frappe dans celui-ci, sur le papier, c'est qu'il subsiste encore 2 chansons co-signées avec Dave Mustaine (Ride The Lightning et The Call Of Ktulu) qui fût pourtant évincé avant l'enregistrement de Kill 'Em All en début d'année 1983 mais c'est aussi le premier album où Kirk Hammett (guitariste du groupe) co-signe des chansons avec le reste du groupe (Trapped Under Ice, Escape et Creeping Death). La première chose qui frappe ensuite, cette fois-ci à l'écoute de l'album, c'est la progression fulgurante en l'espace d'un an par le groupe, car si on qualifiait volontiers l'urgence de Kill 'Em All de métal juvénile, Ride The Lightning exposait au monde un Metallica mûr. Au programme, des compositions plus complexes (Ride The Lightning, The Call Of Ktulu), des parties acoustiques (l'intro trompeuse de Fight Fire With Fire et celle de Fade To Black qui firent controverses à l'époque) et la voix de James qui a mué (cela s'entend vraiment sur l'intro de Fade To Black par exemple), le tout dans un thrash sans concession, violent, rapide et incisif.
Car si Kill 'em All posait les bases du Metallica des années à venir sans vraiment faire dans la dentelle, Ride The Lightning, album de maturité du groupe, "précurseur" du Master Of Puppets à venir, les exploite et refond le tout en un album beaucoup plus réfléchi que son prédecesseur. Si leurs fans actuels ne connaissent que quelques Fade To Black ou Creeping Death qui sont repris chaque soir pour ravir les fans mécontents de leurs multiples virages (commerciaux?), c'est bien sur cet album que l'on retrouve l'ultime instrumental du groupe (non non, pas de Orion et de To Live Is To Die, même si je vous accorde sans crédit qu'ils sont vraiment très bons): j'ai nommé The Call Of Ktulu. Largement inspiré d'un roman de l'américain Howard Phillips Lovecraft (L'appel de Cthulhu) dont Cliff appréciait beaucoup les ouvrages, The Call Of Ktulu (notez la différence d'orthographe qui est un clin d'oeil direct à l'ouvrage puisque Cthulhu est une divinité dont le nom ne peut être écrit ou épeler par aucun mortel), constitue un instrumental des plus réussis. Flamboyant et magistral des premières notes de l'intro jusqu'aux dernières de l'outro (la version du S&M lui rendra un bon hommage également, elle a même tendance à relever le niveau très bas de ce "live").
Outre l'instrumental qui clôt l'album, Ride The Lightning fourmille de petites perles plus ou moins connues mais devenues cultes avec le temps. Ainsi, For Whom The Bell Tolls et Escape adoptent des rythmes plus lourds déjà annonciateurs du tournant heavy à venir tandis que Fight Fire With Fire ou Trapped Under Ice garde le côté speed de Kill 'em All. Le parfait et juste équilibre se situe dans deux chansons, la première est un classique indémodable qui remue les foules: Creeping Death et la deuxième, longtemps oubliée: Ride The Lightning. Sûrement la chanson que j'ai le plus écouté de Metallica, ma préféré aussi, avec son solo DANTESQUE (la rumeur veut que Kirk ait tellement de mal à refaire le solo en live qu'elle sera oubliée de la plupart des set-list des concerts), celle-ci surprend encore à chaque écoute. Enfin, on ne peut omettre de parler de la semi-ballade la plus populaire de Metallica avec One (sur And Justice For All): Fade To Black, qui malgré les années garde sa majestuosité et instaure à qui veut bien l'entendre un peu de fraicheur dans cet album (de) brut(e). Malgré sa complexité Ride The Lightning reste cependant très homogène car il s'axe sur un thème principal (la mort) qu'il le développe dans chaque chanson: Fight Fire With Fire parle de la terreur et des dangers nucléaires, de la peine de mort sur Ride The Lightning, le suicide (Fade To Black) ou encore la mise en musique de la dernière des 10 plaies d'Egypte (la mort du premier né de chaque famille) sur Creeping Death. L'album garde grâce à ce thème inhérent à l'homme une "fraicheur" inconstestable même si il est considéré comme old school à l'heure qu'il est.
On y est, 1984, Ride The Lightning: avénement et confirmation de la place de Metallica sur le trône du royaume du thrash avec cet opus trop souvent dénigré en faveur d'un Master Of Puppets -culte certes mais pas pour autant meilleur. Indispensable bien entendu.
Verdict: 9/10


1. Fight Fire With Fire (4.44)
2. Ride The Lightning (6.37)
3. For Whom The Bell Tolls (5.10)
4. Fade To Black (6.56)
5. Trapped Under Ice (4.03)
6. Escape (4.23)
7. Creeping Death (6.36)
8. The Call Of Ktulu (8.52)
Durée totale: 47 minutes
Line-up:
James Hetfield (Guitare et chant)
Kirk Hammett (Guitare)
Cliff Burton (Basse)
Lars Ulrich (Batterie)
Genre: Thrash Métal
Label: Vertigo
Date de sortie: 30 Juillet 1984
Prix: entre 10 et 20€
Lien pour acheter l'album sur Amazon
Lien pour écouter The Call Of Ktulu sur Youtube
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jeudi 27 août 2009

Neil Young with Crazy Horse ~ Everybody Knows This Is Nowhere

Après avoir quitté les Buffalo Springfield (cause de conflits avec Stephen Stills), Neil Young entama une longue carrière solo avec son album éponyme peu convaincant sorti en 1968 malgré le casting assez impressionnant de celui-ci (Jack Nitzsche au piano et à la production et Ry Cooder à la seconde guitare). Cependant le Loner ne s'arrête pas là, revêt sa plus belle chemise de bucheron et remet le couvert une année plus tard avec une nouvelle équipe de joyeux lurons à savoir le Crazy Horse pour tailler cette galette. Recruté pour l'accompagner lors d'une tournée, le Crazy Horse deviendra dès cet album un précieux appui pour Young puisqu'il l'accompagnera sur 16 de ses 34 albums solos (et oui ça fait quelques temps qu'il rôde les scènes le bonhomme, son dernier est d'ailleurs sorti en avril 2009 -et n'est pas bien fameux comparé à celui d'aujourd'hui).
Cet album annonce donc une longue carrière (l'électrique; car il faut savoir que le Neil maîtrise aussi bien l'électrique que l'acoustique -les 9 minutes de The Last Trip To Tulsa sur l'album précédent pour preuve) et pose les bases de son style: brut, simple et brillant tout simplement. C'est un Neil Young inspiré que l'on retrouve (tant sur les compositions que sur les solos enregistrés) notamment sur les deux longues suites où l'une d'elle -Cowgirl In The Sand- fût d'ailleurs écrite alors que le jeune homme était fiévreux.
C'est très simple, sur les 7 chansons que contient cet album, 3 ont fait de Neil Young une légende. Dès le riff imparable qui reste en tête de Cinnamon Girl et la voix très haute et peu commune du gaillard, le disque annonce du très lourd. Si l'orchestration et la composition sont simplistes (le solo surtout mais qui reste considéré comme une base dans le monde du soliste) tout celà reste diablement efficace. On retrouve néanmoins deux longs morceaux qui feront le bonheur de tous les grands amateurs de guitare et le fer de lance du Loner pour toutes les années à suivre. Car oui, je ne ferai pas l'éloge ultime de ces deux morceaux tantôt merveilleux, tantôt sublimes et tantôt grandioses. Down By The River et Cowgirl In The Sand, déjà à cette époque là, démontraient tout le génie du jeune canadien.
Si nous avons évoqué les 3 hits en puissance qui feront partie intégrante de sa set-list pour le reste de sa carrière (en acoustique également d'ailleurs), il reste 4 autres pistes sur cet album. La chanson éponyme -Everybody Knows This Is Nowhere- sonne très rock et on s'amusera à chanter les "lalala lalala du refrain" avec toujours autant de plaisir qu'à la première écoute, les trois autres sont des ballades sonnant un peu country excepté Running Dry (et son violon) qui est une chanson en hommage à l'ancien nom du Crazy Horse (The Rockets) et qui est plus triste.
On pourrait néanmoins trouver un véritable défaut à ce disque: la qualité de son son. Car oui, Neil Young n'a pas profité des dernières inovations techniques en matière de production en 1969 pour son second album (comme pour le premier d'ailleurs) et le son en est quelque peu marqué (grésillement perpétuel en fond sonore). Personnellement je trouve que ça lui fait un petit quelque chose d'authentique mais pour ceux qui y sont réticents, sachez qu'il aura fallu 40 ans mais voilà, Neil Young a enfin décidé de remasteriser cet album (lui et ses premiers essentiellement). Adieu grésillement et bonjour remasterisation!
Un disque qui contient Cinnamon Girl, Down By The River et Cowgirl In The Sand ne sera en aucun cas un mauvais disque -jamais. Dès les premières notes de l'intro toute douce de Cowgirl In The Sand vous rentrez dans une sorte de monde parallèle dompté à coup de guitare et appaisé de la voix maitresse de notre Cowboy made in Canada: Neil Young. Ce deuxième album était le début d'une belle série (qui s'essouffla un peu) avant son coup de maître absolu Harvest quelques années plus tard (en 72 pour être exact). Il est, bien entendu, plus que recommandé d'avoir cet album (idéal pour découvrir Neil Young soit dit en passant), ne serait-ce que parce que c'est un disque du Loner mais aussi parce que c'est l'un de ses meilleurs -et mon préféré.
Verdict: 9/10


1. Cinnamon Girl (2.58)
2. Everybody Knows This Is Nowhere (2.26)
3. Round & Round (It Won't Be Long) (5.49)
4. Down By The River (9.13)
5. The Losing End (When You're On) (4.03)
6. Running Dry (Requiem For The Rockets) (5.30)
7. Cowgirl In The Sand (10.30)
Durée totale: 40 minutes
Line-up:
Neil Young (Guitare et chant)
Danny Whitten (Guitare et choeurs)
Ralph Molina (Batterie et choeurs)
Billy Talbot (Basse)
Genre: Rock
Label: Reprise
Date de sortie: 14 Mai 1969
Prix: environ 10€
Lien pour acheter la version originale sur Amazon
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lundi 24 août 2009

[A song, a week] John Lennon ~ Imagine (1971)

Qui n'a jamais entendu cette chanson? Hymne universel à l'espoir, au pacifisme, à l'athéisme, "manifeste du communisme" comme il le disait lui-même, elle est classée (selon Rolling Stone Magazine -encore une fois, ça vaut ce que ça vaut comme classement) comme troisième meilleure chanson de tous les temps (juste après Like A Rolling Stone de Dylan qui trône le classement et Satisfaction des Stones qui le seconde). Ouvrant le second album solo de Lennon après la dissolution des Beatles du même nom que la chanson d'aujourd'hui, Imagine reste aujourd'hui une chanson majeure du siècle dernier, notamment depuis l'assassinat de cette icône de la liberté et des babas le 8 décembre 1980 (à 40 ans) où elle trôna peu de temps après en tête des ventes de singles.
Honteusement -et comme beaucoup de chansons de l'époque- réutilisée par des publicités, elle est aujourd'hui dénuée de sens, trop entendue et surtout, obsolète; malheureusement.
Vous trouverez la traduction des paroles sur ce lien. Partant sur quelques accords de piano, la composition de la chanson, fort simple, met avant tout l'accent sur les paroles et le message de la chanson. Produite par Phil Spector (qui s'était occupé de la production de Let It Be -dernier album des Beatles- qui n'avait pas plu à Paul McCartney), un petit filet de cordes et une batterie viennent accompagner le piano de John laissant à la chanson sa simplicité et toute sa douceur qui émût tant de personnes dans le monde.
Cette chanson a été reprise plusieurs fois (citons à la louche Madonna, Joan Baez et Peter Gabriel) mais c'est celle de Neil Young qui a le plus attiré mon attention. C'est au lendemain des attentats du 11 septembre que sa version fût passée sur une chaîne de télévision américaine (bien que Clear Channel l'avait déconseillé dans un communiqué avec une liste de chansons jugées inappropriées au contexte) et le résultat est proche de la version originale -et c'est tant mieux puisqu'à l'inverse la réorchestration de A Perfect Circle (et pourtant Lennon seul sait que j'aime beaucoup Maynard James Keenan -une chronique sur Tool à venir ne vous inquiétez de rien) est particulièrement pas terrible.
Si aujourd'hui, elle n'a plus vraiment de sens de part son utilisation à des fins lucratives, je crois qu'elle reste tout de même un hommage particulier à cet homme, qui véhiculait de véritables valeurs humaines. Imagine prouve également que la musique a une vocation: celle de réunir pour changer les choses. Merci monsieur John.
«You may say i'm a dreamer
But i'm not the only one.
I hope some day you'll join us
And the world will be as one.
»

Imagine
Durée: 3.01
Album: Imagine (1971)
Compositeur: John Lennon (et Yoko Ono)
Genre: Pop

dimanche 23 août 2009

Metallica ~ Kill 'em All

« Haine, guitares et thrash métal juvénile. » Crée en 81, c'est deux ans après de dures labeurs que Metallica rentre pour la première fois en studio pour enregistrer son premier album. Initiellement composé de Dave Mustaine (guitare soliste), Ron McGovney (basse), James Hetfield (chant et parfois guitare) et Lars Ulrich (batterie), le groupe changea de line-up avant son entrée en studio. En effet, McGovney (qui contribua fortement à la popularisation de Metallica dans ses débuts) quitta le groupe après un conflit avec Dave Mustaine (qui rappelons-le, est actuel leader du groupe Megadeth) puis remplacé par Cliff Burton. C'est début 83, que le groupe décida de renvoyer Mustaine pour son attitude déplorable face à l'alcool et aux drogues en plus de son légendaire fort caractère (événement qui le marqua durement). Ce fût le guitariste d'Exodus, Kirk Hammett qui les rejoint et début mai 83, Metallica entra en studio pour enregistrer toutes les chansons qu'il enterprétait en concert. Résultat: 10 chansons qui changèrent la face du métal à jamais.
Prenant un virage à vitesse grand V vers une musique plus aggressive et violente, Metallica fût la tête pensante d'un mouvement qu'on nommera à présent: "Thrash métal". Alors que l'Amérique traverse une ère menée par le Glam métal et le Hard FM (hard rock teinté de pop destiné à la radio) avec des groupes comme Def Leppard, Poison, Whitesnake ou Mötley Crüe; Metallica lance une vague de radicalisation avec la naissance d'un Big Four Of Thrash (Metallica - Slayer - Anthrax - Megadeth) et de multiples grouples tous natifs de la Bay Area de San Francisco (Exodus, Testament ou Dark Angel pour ne citer qu'eux).
Si le titre original de l'album (Metal Up Your Ass) fût refusé par la production c'est Cliff Burton qui frustré déclara "Just kill 'em all" (s'adressant aux producteurs) et qui devint ainsi le titre de l'album, la pochette elle aussi fût censurée (une main tenant un couteau sortant d'une cuvette) et fût remplacée par celle que tout le monde connait aujourd'hui. Avec sa nouvelle formule tout en un, Kill 'em All devint le premier album de Thrash métal. Au programme, rien de bien sorcier; pour préparer un Kill 'em All, il vous faut: des powerchords simples mais efficaces, un batteur qui ne s'arrête jamais, un bassiste phénoménal, un soliste ultra rapide ex-élève de Joe Satriani, un tempo soutenu et une longue chevelure à remuer dans tous les sens (peu importe la couleur, le gras se charge des reflets). En effet, si la majeure partie des chansons sont des suites de powerchords (Whiplash, Phantom Lord) sous un tempo qui ne descend rarement qu'en dessous des 150, l'album n'est en aucun cas répétitif. Car oui, la simplicité, ici, va de paire avec l'efficacité: des riffs comme ceux de Seek & Destroy ou The Four Horsemen restent encore aujourd'hui les bases du genre. Non, vous ne pourrez sortir de cet album indemne comme vous l'aviez été jusqu'alors en l'ignorant ostensiblement et prétextant une trop grande sauvagerie (de fait, la voix de James n'a pas encore réellement muée, est très crillarde et acidulée d'une bonne dose d'écho) et une violence injustifiée. De l'intro cataclysmique de Hit The Lights jusqu'aux derniers bruits de pas de Metal Militia résonnant en vous comme un cri tombant dans un puit sans fond, en passant par le langoureux -et cultissime- solo de basse de Cliff (Anesthesia), Kill 'em All a TOUT d'un album culte -qu'il est plus qu'il ne le prétend- bien trop souvent oublié au profit d'un Master Of Puppets, car qui se réclame métalleux doit tenir comme marque page dans sa bible de chevet le disque de cet album.
Certes, l'on pinaille quant à la qualité du son (qui n'a pourtant pas à pâlir devant quelques albums avec un budget 2 à 3 fois supérieur), mais bigre, c'est ça qui fait le charme de cet album. Ce son brouillon limite crade, ces distos hyper hargneuses et incisives font partie de l'esprit qui hante Kill 'em All. Certes, Ride The Lightning, l'année suivante marquera un bond en avant prodigieux (surtout au niveau de la complexité des compositions -à ce propos, Dave Mustaine a participé à la composition de 4 des 10 morceaux et de deux de l'album suivant, il était donc logique de retrouver cette patte thrash sur ces deux albums), mais ce premier essai fût plus que convaincant et décisif pour les générations futures et reste de loin mon préféré avec Ride The Lightning par rapport à ses successeurs.
Qu'on se le dise, Kill 'em All contrairement à Metallica n'est pas mort (3615 Pique express) et la moindre de ses chansons continuera à animer ses auditeurs et ce, until the end of time... Car oui, en matière de Thrash on n'a pas fait mieux depuis... 1984! La date de sortie de Ride The Lightning.. Vous avez dit bizarre?
Verdict: 8,5/10

1. Hit The Lights (4.17)
2. The Four Horsemen (7.08)
3. Motorbreath (3.03)
4. Jump In The Fire (4.50)
5. (Anesthesia) Pulling Teeth (3.27)
6. Whiplash (4.06)
7. Phantom Lord (4.52)
8. No Remorse (6.24)
9. Seek & Destroy (6.50)
10. Metal Militia (5.11)
Durée totale: 51 minutes Line-up:
James Hetfield (Chant et guitare)
Kirk Hammett (Guitare)
Cliff Burton (Basse)
Lars Ulrich (Batterie)
Genre: Thrash métal
Label: Vertigo
Date de sortie: 23 Juillet 1983
Prix: plus de 10€
Lien pour écouter Whiplash sur Youtube
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vendredi 21 août 2009

Ozzy Osbourne ~ Blizzard Of Ozz

« Ne jamais manger la tête de la colombe avant de l'avoir tuée. »

Après avoir été congédié de l'immense groupe anglais hard rock/heavy métal Black Sabbath par ses membres pour abus de drogues et d'alcool, le chanteur Ozzy Osbourne (alias John Michael Osbourne) tombe en dépression et sombre de plus en plus dans les drogues (en plus de son éviction, sa femme l'a mit à la porte et lui colle un divorce sur le bout du nez). Il finit par être réveillé par la fille du président du label de Black Sabbath -Sharon, qui deviendra sa femme un peu plus tard- et rencontre la présidence du label Sony Music. Au sujet de cette rencontre, une rumeur raconte qu'il aurait rapporter 2 colombes en gage de liberté mais que l'une d'elle serait restée bloqué entre ses jambres, Ozzy sous l'effet de quelques produits, lui arracha la tête.. avec les dents. Le petit accident plut particulièrement à la direction et il fût convenu de sortir un album. C'est Randy Rhoads, ex- guitariste du groupe de glam métal Quiet Riot, Bob Daisley, bassiste de Rainbow et Lee Kerslake, batteur, qui furent engagé pour ce premier album solo de l'ex front man de Black Sabbath.
Après plusieurs sessions entre mars et avril 1980, Blizzard Of Ozz sort à la mi-août en Angleterre et plus de 6 mois plus tard en Amérique (pour une raison que j'ignore) et constituera une des plus grosses ventes solo pour Ozzy (4 millions d'exemplaires pour l'Amérique seule).

Revêtant sa plus belle chemise à frange (un peu à l'instar d'un Roger Daltrey quelques années plus tôt avec ses Who), Ozzy nous délivre une première galette toute chaude. Loin des ambiances glauques et malsaines (mais ô combien délicieuses) des premiers Sabbath, ici il est question à la fois de heavy métal et de hard rock. Je m'explique; si la rythmique a tendance à ressembler à du heavy, le son lui est purement hard rock (contrairement à un brûlot de la trempe de Master Of Puppets ou de And Justice For All quelques années plus tard).
Si le succès de ce premier opus est au rendez-vous (l'expérience Black Sabbath n'y est pas pour rien) il serait tout aussi absurde de remettre toutes les éloges à Ozzy pour la composition qu'à Randy Rhoads pour ses perfommances (certes ô combien exceptionnelles). En effet, Ozzy doit en partie ce succès à son précieux guitariste, qui devient une sorte de mutant entre guitar hero et boîte à rythme. Sur chaque chanson, des pluies torrentielles de solos à prévoir (Crazy Train, Mr. Crowley filent tout droit vers le panthéon des solis), quelques soupçons de ballades se dégagent sur les pistes 3 et 8 (Goodbye To Romance et Revelations) et des airs plus hard rock couvriront les régions des pistes 7 et 9 (No Bone Movies ainsi que Steal Away). Enfin, on ne peut passer devant le très bon I Don't Know qui ouvrira la plupart des concerts de la tournée qui suivit, Suicide Solution traitant de l'alcoolisme (et il a de la bouteille dans le milieu l'Ozzy) et qui fît un certain tatouin lors du suicide d'un jeune homme déséquilibré sur cette chanson (rien de bien intéressant) mais SURTOUT: Dee. Courte interlude (moins de une minute) de Randy Rhoads à la classique qui interprète une chanson dédiée à sa mère, d'une beauté et d'une finesse... Car si ce morceau montre là toute la sensibilité du jeune guitariste (23 ans lors des faits), il aurait pu montrer la voix qu'il aurait emprunté pour des albums futurs dont le temps, cet enfoiré, n'a pas décidé bon de faire naître et les assassina avant de les voir créés.

Oui Ozzy n'était pas mort, il frappait du point sur la table en l'affirmant, Blizzard Of Ozz comme preuve à la main et bondissant dans les salles qu'on lui ouvrait pour des nuits sans fins. Premier album solo d'une longue série d'une plus ou moins bonne qualité, celui-ci restera dans les mémoires pour son homogénéité, sa qualité globale très bonne et les solis endiablés de Randy Rhoads.
A noter également que l'édition remasterisée de 2002 inclut quant à elle une piste bonus et que ce sont Robert Trujillo (actuellement bassiste de Metallica et ex-Black Label Society) et Mike Bordin (musiciens d'Osbourne en 2002) qui réenregistrent les parties basses et batterie de l'album pour des histories de gros sous, mais ça, c'est une autre histoire...
Verdict: 7,5/10


1. I Don't Know (5.17)
2. Crazy Train (4.56)
3. Goodbye Romance (5.36)
4. Dee (0.50)
5. Suicide Solution (4.20)
6. Mr. Crowley (4.57)
7. No Bone Movies (3.58)
8. Revelation (Mother Earth) (6.09)
9. Steal Away (The Night) (3.30)
Durée totale: 39 minutes

Line-up:
Ozzy Osbourne (Chant)
Randy Rhoads (Guitare)
Bob Daisley (Basse)
Lee Kerslake (Batterie)
Genre: Hard Rock / Heavy Métal
Label: Epic
Date de sortie: 18 Août 1980 (UK) - 15 Janvier 1981 (US)
Prix: environ 10€
Lien pour écouter l'album sur Deezer
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jeudi 20 août 2009

Back To Black n°1 ► Blind Faith (1969)

Aujourd'hui, il me fallait créer une nouvelle catégorie de chronique -qui sera à priori mensuelle- qui aura pour but de déterrer des perles cachées (Dieu seul sait qu'elles sont nombreuses) du temps et des critiques spécialisées (tout est relatif). Tâche relativement corsée puisque pour certaines, les informations seront rares, j'espère que l'aboutissement -ci-contre- vous plaira néanmoins et je pense qu'il est inutile de dire que chacune de ces perles sont à posséder absolument. Sur ce.
Et pour cette grande première, je mets la barre haute.. Très haute.
Il est de ces groupes que la dure loi du marché écarte d'un revers de bras, et ce fût le cas de celui-ci hélas. Nous sommes en 1969, l'ère flower power bat son plein, Woodstock réunit 400 000 jeunes hippies et marque l'histoire outre Atlantique, Led Zeppelin réveille l'Angleterre à coup de Communication Breakdown avec son blues-rock novateur et survitaminé et plusieurs grandes aventures viennent de se terminer. Explications: fin de l'année précédente, le premier véritable "super groupe" (nom donné à un groupe réunissant des pointures déjà connues de l'univers musical) anglais -également premier véritable power trio- s'est dissout (il s'agit du groupe Cream comprenant Jack Bruce à la basse et au chant, Ginger Baker à la batterie et un jeune freluquet du nom de Eric Clapton à la guitare, ni plus ni moins). Succède également un break dans le groupe Traffic de Steve Winwood qui souhaite réaliser un projet ambitieux avec un vieil ami guitariste et enfin le départ impromptu du violoniste du groupe Family à savoir Rick Grech. Et si je vous parle de tout ce beau monde, ce n'est évidemment pas par hasard. Vous l'avez dans le mille, toute cette joyeuse compagnie va se retrouver et donner naissance à un nouveau super groupe, celui dont il est question aujourd'hui: feu Blind Faith.
Composé du batteur fou alias Ginger Baker, de Rick Grech à la basse, le belle voix de Steve Winwood et la guitare magistralement tenue par le non moins éminent Eric Clapton (renommé God [Dieu] quelques années plus tôt), Blind Faith eût beau réunir l'un des plus beaux line-up qu'on eût espérer voir un jour (lui et celui de Traveling Wilburys), il n'en fût rien. Malheureusement, ô toi monde cruel, tu nous l'hôtas quelques mois après sa création déjà comme si elle ne fût qu'une erreur.
Et il est dur de ne pas crier au scandale, à l'injustice au vu du résultat premier -l'album unique du groupe donc- qui était plus que prométeur: génial. Si l'album fût réellement attendu par le grand public et la presse en ce milieu d'année de 1969, à sa sortie la déception fût de taille à qui voulait entendre un quelconque ersatz de Cream ou de Traffic (ce que la majorité attendait en vérité). Car dès juillet (le 17 pour être plus précis, soit un mois avant la sortie de l'album), la joyeuse troupe organisa un concert de promotion gratuit à Hyde Park (parc du coeur londonien) qui acceuilla quelques 100 000 personnes... Rien que ça. La presse s'empressa de rapporter l'événement et également la déception du public qui voulait y voir quelques chansons des anciens groupes de chacun des membres. Dès lors, malgré des tournées dans quelques pays (la Scandinavieet l'Amérique notamment) les réactions restèrent mitigées.
Pour essayer de garder une certaine crédibilité auprès du public, le groupe se vu obligé de jouer quelques titres de Cream ou Traffic mais rien n'y fît, dès la fin de la tournée, ne voulant pas être considéré comme un ersatz des dit-groupes, Blind Faith se sépara.
Et quelle séparation douloureuse quand on se rend compte du potentiel que recele cet album. Il faut savoir tout d'abord que pendant longtemps l'album fût un objet très rare (la côte du vinyl est d'ailleurs encore assez élevée) avant qu'il ne soit réédité en cd récemment (un tirage début des années 90 et quelques autres début des années 2000 jusqu'à aujourd'hui). Malgré tout à sa sortie les ventes ne furent pas si mauvaises que l'on peut l'entendre (un demi million un mois après sa sortie) mais il subsista une polémique plutôt gênante quant à la pochette de l'album. En effet, la pochette de l'album représentant une jeune fille nue de 11 ans tenant un avion à la forme plutôt étrange (je vous laisse deviner) fût plutôt mal vu, en plus de rumeurs circulant quand à l'origine de cette fille (une groupie/esclave du groupe, ou une fille caché du batteur Ginger Baker), notamment en Amérique où elle fût purement et simplement censurée puis remplacée par une horrible couverture de couleur crème avec le nom du groupe, une photo, et le line-up (photo ci-dessous). Travail de cochon (la photo, le titre et le line-up penche légérement vers le bas, le tout est mal cadré) et pochette plus que quelconque et moche qui ne correspond absolument pas avec le contenu du disque.
Fort heureusement, les tirages cd anglais garderont la pochette d'origine (bien qu'un peu plus cher) et une édition deluxe sera également sortie avec la pochette d'origine (en 2006) comprenant des 5 pistes bonus ainsi qu'un second cd de longs jams (minimum 12 minutes et ils sont 4 pour vous donnez une idée).
Mais venons-en au contenu du disque maintenant, et il suffit simplement de l'écouter une fois pour se rendre compte que l'industrie du disque est passée à côté d'un des meilleurs groupes de "rock" de tous les temps (les Stones ont eu chaud). Il faut tout de même savoir que le producteur du disque est l'excellent Jimmy Miller (Beggars Banquet et tout ce qui suivit des Stones -jusque Goats Head Soup de 73- c'est lui!) ami de Winwood rencontré quelques années plus tôt.
L'album démarre sur Had To Cry Today dans lequel on retrouve un Clapton en forme question riff culte (qui sonne assez Sunshine Of Your Love) même si le tempo de la chanson reste toujours assez lent. La voix fragile de Winwood nous accompagne jusqu'au premier solo de Clapton (inutile de préciser que c'est une tuerie) puis à travers un second (meilleur que le premier si c'eût été possible). La suite s'organise avec à ma connaissance la première ballade acoustique du Clapton, Can't Find My Way Home, qui est un titre écrit et composé par Winwood, très calme et appaisant (de toutes manières l'album est très calme à la différence d'un Cream). Well.. All Right revient avec un peu plus d'énergie et en fera chanter plus d'un et se voit doté d'un magnifique solo de piano à la fin sonnant très jazzy. Presence Of The Lord deviendra un titre souvent repris par Clapton durant sa carrière solo (puisqu'il en est le compositeur) et fait irrémédiablement penser à une chanson de lui qui paraitra l'année suivante avec Derek & The Dominos: Layla. La chanson est divine. Dans Sea Of Joy l'on remarquera les violons de Rick Grech et l'orgue hammond de Winwood, la chanson est peut être la plus dispensable de l'album mais reste de très bonne facture.
L'album se clôt sur Do What You Like, tempo et batterie très jazzy (ce qui n'est pas dans les habitudes de notre Ginger Baker de Cream mais qui s'en tire plutôt très bien ma foi) sont à l'honneur. Des solos de tous les instruments se succèdent (orgue de Winwood, guitare de Clapton, basse de Grech puis batterie de Baker -Mody Dick serait passé par là??) puis la chanson reprend pour un dernier couplet avant de se terminer en fade multisonore très étrange (les collages sonores et le psychédélisme serait passé par là??) et amusant.
Alors, si quelques uns d'entre vous sont encore sceptiques quant à la qualité hors-norme du disque (lui comme beaucoup d'autres à suivre), je vous invite à aller l'écouter sur ce lien. Vous pouvez également l'acheter avec la pochette originale sur celui-ci.
En espérant ne pas avoir été trop long, je vous dis à dans un -plus ou moins- mois pour une prochaine édition d'un Retour vers L'oublié!

mardi 18 août 2009

Birdy Nam Nam ~ Birdy Nam Nam

C'est lorsque quatre des plus grands disc jokey du monde s'associent que l'on peut espérer rencontrer le meilleur des albums de turntable (électro faite à partir des platines vinyles -spéciales- et de vinyles mixés/scratchés en temps réel). Aboutissement du collectif français Skratch Action Hiro (clin d'oeil au film Last Action Heroes bien sûr) qui avait remporté deux fois les championnats du monde de turntable (si si ça existe), Birdy Nam Nam associe donc quatre de ses membres (DJ Pone, Need, Crazy B et Lil' Mike) pour une première galette en cette belle année de 2005. L'album était une idée commune pour ces quatres DJ depuis 2002 et il fût enregistré en 2003. La plupart des chansons ont été crée comme des sortes de jams où chacun rajoutait son petit quelque chose afin d'aboutir à la piste figurant sur ce disque.
Après un mixage en février 2004, la formation tourne et se rend compte que la plupart de ses titres ne prend pas en live, elle décide donc de créer des titres spécialement pour les lives (en plus de quelques uns de cet album) afin de compléter ses set-lists qui deviennent plus électro-dance que véritablement électro-posé comme l'est Birdy Nam Nam sur ce premier et magique opus.
Birdy Nam Nam tient son nom étrange d'un autre film (The Party avec Peter Sellers où il interprète un indien invité par erreur dans une soirée, dans laquelle il voit un oiseau et en voulant le nourrir, lui dit à plusieurs reprises « birdie num num » [wiki]) et c'est d'ailleurs sur cet extrait que commence l'album. Le ton est donné avec Ready For War, Ready For Whut?. L'album repose sur un nombre incalculable de samples de vieux vinyles jazzy ("Transition" ou Kind Of Laid Back) ou de world music (les percussions du titre bonus From Here To There ou L'interlude de qualité) et de beats et loops (comprendre rythmes et boucles de rythmes, exemple le début de New Birth).
Le gros point fort de cet album réside dans sa variété, tantôt jazzy (Kind Of Laid Back), plus posé voir loundge (Migration), il propose plusieurs ambiances complétement maitrisée par le quatuor dans cette galette studio (l'excellent Rainstorming ou L'interlude de qualité qui fait beaucoup pensé à de la musique de film par son ambiance oppressante). Rassurez les fans d'électro "pure", l'on trouve aussi des morceaux qui sonnent plus traditionnel comme Too Much Skunk Tonight ou Escape plus approprié aux lives également ou le titre qui a fait connaître cet album, l'accordéon de Abbesses.
Si l'album ne rencontra pas le succès escompté (visant un public déjà assez réduit, la production finale ne ressembla pas vraiment à l'électro attendue de ces quatre DJ -"erreur" réparée avec le dernier disque sorti en janvier de cette année: Manual For A Successful Rioting), il démontre tout le talent de ces quatres jeunes dans des chemins trop risqués (commercialement parlant) pour être empruntés, et c'est tout à leur honneur.
Alors certes, nous ne sommes pas en présence de l'album de la décennie, mais ni plus ni moins l'un de mes préférés en matière d'électro (avec un Portishead, The Cinematic Orchestra et les Ratatat -pour que vous situiez). Vous pourrez noter que dans chaque album un dvd est offert comprenant des lives et des extraits vidéos du groupe en plus des deux pistes bonus toujours intégrées à l'album original. Ce premier album a l'avantage et la particularité de ne pas s'écouter comme un disque d'électro "banale" (pas de boucles et de saturation distordue) mais comme un OSNI (Objet Sonore Non Identifié) unique en son genre qui pourra plaire à la plupart d'entre vous.
Verdict
: 7,5/10


1. Ready For War, Ready For Whut? (3.05)
2. Body, Mind, Spirit.. (3.35)
3. Too Much Skunk Tonight (3.35)
4. Transition (1.06)
5. Kind Of Laid Back (3.47)
6. Jazz It At Home (5.57)
7. We Drummin' (1.15)
8. New Birth (3.03)
9. Escape (3.31)
10. L'interlude de qualité (1.23)
11. Engineer Fear (3.35)
12. Rainstorming (2.13)
13. Il y a un cauchemar dans mon placard (4.11)
14. Migration (5.08)
15. Abbesses (6.27)
16. New Steps/Breaking Barriers (Bonus) (3.02)
17. From Here To There (Bonus) (2.48)
Durée totale: 55 minutes
Line-up:
DJ Pone
DJ Need
DJ Lil' Mike
DJ Crazy B

Genre: Electro (Turntablism)
Label: Uncivilized World
Date de sortie: 25 Octobre 2005
Prix: entre 10 et 20€
Lien pour écouter l'album sur Deezer
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